Status Minor - Ouroboros (Lion Music)

Rating: ****/5

Review

Status Minor suit à la lettre les standards définis par Dream Theater et Symphony X au cours des vingt dernières années. Cette chronique pourrait s’arrêter là, puisqu’avant même d’avoir jeté une oreille sur "Ouroboros", vous savez déjà à quoi vous attendre. Les allergiques au métal progressif sont d’ailleurs probablement déjà passés à autre chose. Développons quand même un peu le sujet, par respect pour celles et ceux d’entre vous qui sont restés.

Status Minor est un quintette originaire de la ville de Tampere en Finlande. Actif depuis 2003, le groupe a déjà publié un premier album intitulé "Dialog" en 2009. Les cinq musiciens, qui sont plutôt actifs sur la scène finlandaise, sont tous impliqués dans d’autres formations métal et notamment dans Thunderstone pour ce qui concerne le claviériste Jukka Karinen et Grönholm dans le cas du vocaliste Markku Kuikka.

Métal Prog oblige, "Ouroboros" est un album conceptuel. Toutefois, le thème abordé est un peu différent des sujets traditionnels du style puisqu’il tente d’établir un parallèle entre Ouroboros (le symbole grec du serpent/dragon qui se mort la queue) et le cycle des relations amoureuses : deux personnes se rencontrent, tombent amoureuses, se détestent et se séparent pour recommencer la même chose avec quelqu’un d’autre.

Si, musicalement, nous frisons l’excellence ; l’originalité, elle, n’est pas vraiment de mise. Nous avons droit à l’habituelle fusion d'orchestrations de claviers et de guitares tranchantes, ainsi qu’à de subtiles escapades solitaires guitare/claviers. Les changements d’humeur se traduisent inévitablement par des variations de tempo et de puissance sonore. Les parties vocales apportent quelques moments de bonheur, non seulement parce que la voix de Markku Kuikka est superbe, mais aussi parce que Status Minor s’est assuré les services d’Anna Murphy (Eluveitie) qui pose sa jolie voix sur quatre des neuf titres de l’album.

Comme l’ouroboros, Status Minor se mord parfois un peu la queue (NDR : surtout lorsqu’il nous ressort des plans déjà entendus chez Dream Theater). Mais qu’importe après tout, tout le monde le fait. Les instrumentistes sont talentueux, l’histoire est originale et les compositions nous font passer un agréable moment. Une réussite, en somme.

Michel Serry